08.09.2008

Entretien d'embauche et joies du piston

Il y a quelques mois de cela, je vous avais fait partager un petit moment de la vie de Juliette, un de mes personnages totalement fictif, à la recherche d'un emploi. Comme cela vous avez plus, je recommence aujourd'hui et j'attends vos avis avec grande impatience.

 

 

N° d’entretien : 1083

Poste : Intéressant, obtenu au piston

Temps : Soleil (plutôt envie d’aller à la plage)

 

Après six mois de recherche d’emploi et de tartes dans la gueule j’ai décidé de faire ce que j’avais juré de ne jamais faire : me faire pistonner – j’avais même dit jamais au grand jamais, si si, je m’en souviens très bien, inutile d’être indulgent avec moi. Le piston donc. Je déteste ça. D’abord je n’aime pas demander, pour quoi que se soit, même pas qu’on me passe le sel à table, alors un job vous pensez bien. En plus, vous êtes toujours redevable de quelque chose à quelqu’un. Et puis dans un boulot normal, si on n’est pas satisfait de vous et bien on ne vous garde pas, voilà tout. Là, si ca ne marche pas vous pouvez être sûr d’entendre des phrases très culpabilisantes du genre:

De votre patron (avec beaucoup de déception dans la voix !) :

-         Vous m’aviez pourtant été chaudement recommandé par…

-         Je m’étais laissé convaincre de…  

Ou pire…

-         J’avais gentiment accepté de vous laisser votre chance quand personne d’autre ne voulait le faire (la, il ne vous reste plus qu’à vous jeter)

De la personne qui vous a pistonne (avec encore plus de déception dans la voix):

-         Tu te rends compte, je m’étais porte garant pour toi…

-         Je ne suis pas près de te rendre service à nouveau…

Ou pire…

-         rien, le silence total, pas un mot, plus aucune nouvelle, plus jamais.

Vous êtes donc sans emploi Et sans ami !

Voilà donc mes griefs contre le piston. Si vous vous attendiez à ce que je vous dise que le piston est injuste et que je culpabiliserais d’obtenir un emploi de cette manière autant vous dire que c’est râpé. Navrée !!

 

Me voilà donc partie pour un entretien dans les locaux d’une des plus grosses boîtes de la région, celle ou tout le monde veut entrer sans jamais y parvenir. Mon père est ami avec le DRH, très ami même, donc autant vous dire que cet entretien, c’est juste pour faire joli, je suis déjà embauché. Et apparemment ça n’a pas l’air de faire très plaisir au sous assistant qui me reçoit. J’imagine aisément qu’il n’a pas du beaucoup apprécier qu’on lui demande de faire un entretien « pour faire joli » dans lequel son opinion n’aura aucune importance, aucune incidence sur la décision finale. En fait il est comme moi, il n’aime pas le piston.

Il parcourt mon C.V. des yeux, me pose mollement quelques questions banales. Ce garçon manque d’entrain. Il me demande à quel poste je me vois dans cinq ans et je lui réponds du tac au tac qu’il n’y a qu’un poste auquel je me vois dans cinq ans : le plus élevé. C’est alors qu’il ricane. Il ne rigole pas, il ne sourit pas, il ricane. Et le voilà qui m’explique que cinq ans pour arriver à ce poste là lui parait un peu court, surtout quand on sort d’une fac et pas d’une grande école comme c’est notre cas à tous les deux. Tiens, il me parle de lui là non ? Je prends mon air très intéressé et l’encourage d’un petit mouvement de tête, je le sens au bord de la confidence, limite la larme à l’œil. Mais non, il se racle la gorge et ajoute : « enfin, tout dépend des méthodes que l’on emploie bien sûr ! ». C’est donc de ça qu’il est question, une banale jalousie à cause du piston. Mais après tout est-ce que c’est ma faute à moi si son père ne sait pas choisir ses amis ?

 

 

Alors, qu'en pensez-vous? Et soyez honnêtes!! La suite au prochaine épisode!